« Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde » (Jn 12, 44-50)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Alléluia. (Jn 8, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus s’écria :
« Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit,
mais en Celui qui m’a envoyé ;
et celui qui me voit voit Celui qui m’a envoyé.
Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde
pour que celui qui croit en moi
ne demeure pas dans les ténèbres.
Si quelqu’un entend mes paroles et n’y reste pas fidèle,
moi, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver.
Celui qui me rejette et n’accueille pas mes paroles
aura, pour le juger, la parole que j’ai prononcée :
c’est elle qui le jugera au dernier jour.
Car ce n’est pas de ma propre initiative que j’ai parlé :
le Père lui-même, qui m’a envoyé,
m’a donné son commandement
sur ce que je dois dire et déclarer ;
et je sais que son commandement est vie éternelle.
Donc, ce que je déclare,
je le déclare comme le Père me l’a dit. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Commentaire

« Je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver ? » Cette parole de Jésus se situe juste avant le lavement des pieds, ce moment où le Seigneur se met à genoux devant ses disciples et juste avant la Passion. Suivre le Christ, ne serait-ce pas se mettre, comme lui, dans l’attitude de serviteur ? L’Eglise n’est lumière que si elle se met au service des hommes et des femmes de notre temps : certes c’est un choix qui interpelle chacun et chacune et qui est toujours à renouveler. Il y a des lumières qui sont éblouissantes et insoutenables pour nos yeux, nous n’arrivons pas à les regarder. Mais il y a aussi des lumières qui éclairent doucement et que nous pouvons voir les yeux ouverts. Jésus nous entraine à sa suite en nous éclairant et non en nous aveuglant.

LE Covid 19, cet ennemi brutal, nous a confiné, mais ce temps nous conduit à une réflexion pour que nous nous mettions au clair avec nos engagements et peut-être pour renoncer à ceux qui n’en étaient pas. Certes les gestes barrières se sont imposés. Ne faudrait-il pas les retenir pour se mettre à distance du vieil homme qui sommeille en nous ? Le Royaume n’est-il pas la diffusion de cette lumière que rien ne peut arrêter car elle éclaire nos ténèbres. Nous avons sans cesse besoin d’être rétablis dans la confiance par la Lumière de Vérité, alors que les vents du monde sont si contraires et le quotidien si lourd d’angoisses et de désillusions. Que les yeux de notre cœur soient donc illuminés pour que nous soyons plongés dans le regard d’Amour que le Père pose sur nous. Alors c’est avec son regard que nous verrons nos frères et sœurs.

Dans le passage d’évangile de ce jour, un mot m’a frappé particulièrement dans la parole de Jésus : c’est celui de fidélité. Jésus nous parle de personnes qui entendent sa Parole mais qui n’y restent pas fidèle. La fidélité et la foi ont la même racine, ce sont deux mots qui vont de pair. De même que l’on ne peut pas rester fidèle à une personne en qui l’on n’a pas confiance, de même on ne peut pas nourrir notre foi et la garder vivante si l’on n’est pas fidèle à sa Parole, car la Parole est la nourriture de notre fo

Jésus ne fait rien de lui-même, Il est venu nous révéler l’Amour de Celui qui l’a envoyé vers nous. Dieu, son Père, c’est de cela qu’il nous parle inlassablement. Il nous en parle de toutes les manières : en paraboles, en comparaisons, en nous enseignant, en guérissant, en chassant les démons, etc… Jésus est venu pour nous illuminer en nous apprenant l’Amour de notre Père, mais souvent la séduction des biens de ce monde est trop forte et nous procure une satisfaction immédiate qui nous fait oublier l’essentiel qui est l’Amour de Dieu. Et tout comme la lumière naturelle permet la croissance dans les êtres vivants, l’exposition à la Lumière de l’Evangile est source de croissance pour nos esprits et notre vie intérieure.

Jacques Averbuch – diacre