Première lecture – Lecture du livre des Actes des Apôtres (Actes  4, 32-37)

La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun. C’est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grâce abondante reposait sur eux tous. Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence, car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient, et ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des Apôtres ; puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun. Il y avait un lévite originaire de Chypre, Joseph, surnommé Barnabé par les Apôtres, ce qui se traduit : « homme du réconfort ». Il vendit un champ qu’il possédait et en apporta l’argent qu’il déposa aux pieds des Apôtres. – Parole du Seigneur.


Commentaire

Quelques années avant Luc, l’apôtre Paul écrivait ainsi aux Ephésiens : « Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. » (Ep 4, 4). Telle est notre vocation, former un seul corps, rassemblés en un seul Esprit, en vue d’une seule espérance. La réalité est cependant différente. Il y a bien des signes de discorde au sein de l’Eglise, dans nos communautés paroissiales, et jusque dans nos familles. Les Actes des Apôtres et les lettres apostoliques rapportaient déjà la difficulté de maintenir l’unité et la concorde. C’est que le Diviseur n’est jamais loin. Il rôde, et s’engouffre à la moindre ouverture. Seuls, nous ne pouvons rien faire. Mais en puisant à la source d’eau vive, nous pouvons combattre efficacement. C’est pourquoi il nous faut persévérer « dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières » (Actes 2, 42), comme nous le lisions Dimanche dernier.

La Parole de Dieu est transformante. Elle nous interpelle, nous nourrit, et nous vivifie. « De même que la pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. » (Is 55, 10-11)

La prière est à notre âme ce que l’air est à nos poumons. Débranchée de la prière, l’âme s’asphyxierait bien vite. Alors prions, afin de ne pas nous laisser diviser, mais afin de suivre le chemin que le Seigneur trace pour nous. Prions chaque jour de notre vie. Prions d’un cœur attentif, sincère, humble et confiant. « Parle Seigneur, ton serviteur écoute. » Prions aussi avec Marie, et avec tous les Saints qui ne cessent d’intercéder pour nous.

L’Eucharistie est le pain dont nous avons besoin pour nous laisser transformer, et nous conformer à la ressemblance avec Jésus-Christ. L’Eucharistie est pardon, dans la mesure où nous sommes disposés à pardonner nous aussi. L’Eucharistie est action de grâce, pour le don que le Seigneur nous a fait de sa vie. L’Eucharistie est bénédiction, pour tous les cadeaux de la vie. L’Eucharistie est partage, car si un membre souffre, c’est tout le corps qui souffre.

La communion fraternelle va de pair avec la communion eucharistique, car aimer Dieu et aimer son prochain sont les deux faces d’une même réalité. Et l’une ne va pas sans l’autre. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit : voilà le plus grand commandement et le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Mt 22, 37-39)

Lors de chaque prière eucharistique, nous demandons humblement, qu’en ayant part au corps et au sang du Christ, nous soyons rassemblés par l’Esprit en un seul corps. Prions pour l’unité dans notre communauté paroissiale, que nous ayons un seul cœur et une seule âme. Prions pour l’unité dans l’Eglise. Prions pour l’unité des chrétiens. Et que cette unité trouve son prolongement dans l’attention portée aux frères, et notamment aux personnes démunies, isolées ou malades.

Thierry Magnan