Découvrez le film retraçant l’histoire des 50 ans de l’Église de l’Immaculée Conception !

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1834 : Les origines de l’Église

En 1834 est construite une chapelle qui porte le nom de l’Immaculée Conception, située au coin de la rue Nationale et de la rue Emile Pouget, actuellement place Bir-Hakeim.
Le nom de la chapelle est significatif de la dévotion qui se développe alors à Marie conçue sans péché, et cela alors même que le dogme de l’Immaculée Conception ne sera défini par le Pape Pie IX qu’en 1854.
Le terrain appartient à Auguste de Gourcuff, promoteur qui s’était engagé à construire ce lieu de culte dans le nouveau quartier qu’il édifiait et qui dépendait alors de la commune d’Auteuil. Celle- ci acquiert le terrain en 1836. La chapelle est agrandie entre 1860 et 1862 en une véritable église, des annexes seront construites entre 1874 et 1878, tandis que des restaurations auront lieu entre 1884 et 1901

1943: La 2nde guerre détruit l’Église

Les bombardements des 3 mars 1942, 14 avril 1943 et 15 septembre 1943, qui visaient les usines Renault, détruisent l’église.

1946: une Église en bois

Une chapelle en bois est construite, en 1946, de façon provisoire, dans le cadre de la reconstruction. Elle était située au 223 boulevard Jean Jaurès.
Cette église sera totalement détruite, le 13 juillet 1966, par un incendie dont on ne sait s’il était d’origine accidentelle ou criminelle.

Vers l’Église actuelle

Dès octobre 1948, donc bien avant l’incendie et indépendamment de lui, il avait été décidé de construire une église définitive, dont les dimensions correspondraient à l’importance de la paroisse de l’Immaculée Conception (50 000 paroissiens). Il fallut cependant attendre 1956 pour que l’emplacement de cette nouvelle église soit fixé au 63 rue du Dôme. Plus de dix terrains avaient été envisagés, notamment celui sur lequel sera édifié plus tard la patinoire, mais aussi rue de Clamart, boulevard Jean Jaurès ou rue Molière, auxquels il fallut successivement renoncer à cause des exigences des propriétaires ou des difficultés de l’expropriation.

1965: inauguration de l’Église

Dès janvier 1965, des offices religieux sont célébrés dans la crypte, mais c’est le 18 mai 1968 qu’aura lieu l’inauguration solennelle de l’église haute et de l’ensemble paroissial, par le Père Jacques Delarue, évêque de Nanterre.

L’architecture de l’Église

Son architecte est Maurice Grandjean, né en 1909, à qui on doit également, entre autres constructions, les églises de Tournan-en-Brie (Seine et Marne), d’Oresmeaux (Somme), ainsi que l’aménagement de la Chapelle du Perpétuel Secours (Paris XIème). Tenant compte de la hauteur des immeubles voisins, il a recherché un contraste par une composition large et relativement basse.
A l’image des églises conçues à la suite de la Réforme au XVIe siècle, l’Immaculée Conception est un espace unique et conçu pour écouter le prêtre. Ici, la forme trapézoïdale est choisie pour une meilleure propagation des sons, comme les sièges de l’ONU à New-York (1952) ou celui de l’Unesco à Paris (1958). De la même façon la structure est conçue pour n’avoir aucun élément porteur dans le champ visuel des fidèles vers l’autel.
L’Immaculée Conception s’inscrit dans un renouveau à la fois architectural et artistique, mais aussi liturgique, des Trente Glorieuses. Elle doit ainsi probablement en partie sa forme à Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp près des Vosges, construite par Le Corbusier, et qui fut un choc artistique pour ses contemporains.

Toiture de l’Église

Notre église dispose d’une très grande toiture en voûte inversée reposant sur quelques piliers, ce qui permet de libérer complètement les façades de leur rôle porteur et d’avoir un bandeau vitré entre les murs et la toiture. La lumière rasante donne alors un effet spectaculaire de masse soulevée. Le dessous de la toiture sert de surface éclairante. Ce même dispositif est utilisé pour l’abside, éclairée par un lanterneau supérieur. La source de la lumière dans les deux cas n’est pas visible, c’est la paroi opaque qui sert de réflecteur, c’est un dispositif très courant dans l’architecture et qui souligne ici dans l’abside le caractère sacré du lieu.
L’originalité de l’édifice, entre autres, c’est la structure métallique en forme d’œil de poisson ou d’aile d’avion. La source inspiratrice n’est pas connue, mais il est certain que la charpente métallique a été rendue obligatoire par les mauvaises capacités porteuses du sol (ancienne carrière de sable). La hauteur sous plafond est de 7,5 à 12m, la portée de près de 20 m.
L’église comporte encore quelques sous-espaces qui peuvent être vus comme des réminiscences des chapelles auxiliaires dans les églises traditionnelles :
• la chapelle du St Sacrement à gauche avec son autel, caractérisée par les vitraux dans les tons rouges et une hauteur de plafond nettement rabaissée, montrant ainsi la hiérarchie des espaces (photo ci-dessous)
• la chapelle de la Vierge, qui constitue un cylindre convexe sur la façade principale et qui sert de lieu de prière intime (photo ci-contre)
• sur la droite, l’orgue et les deux confessionnaux sont des volumes saillants dans le mur, et permet- tant l’éclairage de l’orgue par une fenêtre dérobée à la vue (observable sur la photo page 8).
C’est donc une œuvre d’art totale comme on la concevait jadis, où chaque espace est caractérisé par une lumière spécifique, à laquelle participent bien évidemment les vitraux.

 

Le renouveau de l’art sacré

On assiste à un grand renouveau de l’art sacré dès les années 1920 (« Notre Dame du béton », Perret architecte, au Raincy) et surtout dans les années 1950 sous l’impulsion du père Couturier, dominicain, qui fut à l’origine notamment du couvent de La Tourette, près de Lyon (Le Corbusier).
Vatican II renouvelle complètement la liturgie, ce qui, du point de vue architectural, se traduit par l’imposition d’un autel au centre, le prêtre étant tourné vers l’assemblée. Quant à l’art sacré en général, le Concile officialise l’évolution déjà en cours : il s’agit d’admettre les changements introduits par les progrès de la technique (on ne construit plus de la même façon ni avec les mêmes matériaux), mais aussi d’accueillir les différents arts selon les peuples et les époques. Le Concile s’achève en 1965 alors que les plans de l’Immaculée Conception datent de 1963, ce qui montre bien que le Concile s’inscrit dans l’esprit d’une époque.

Les œuvres d’art

Les vitraux

Dans un contexte de dépouillement volontaire, les vitraux ressortent tout particulièrement.
Le vitrail de la Vierge à l’Enfant, à la tribune, est une œuvre célèbre du sculpteur Jacques Bony (1918- 2003). Il a milité pour la reconnaissance de l’art contemporain dans le domaine religieux et se car- actérise par ses réalisations aux frontières de l’abstraction et de la figuration. Ce vitrail mérite aussi bien d’être vu depuis la tribune, d’assez près donc, que depuis le chœur : l’impression d’ensemble, ainsi que les couleurs, étant différentes depuis ces deux points de vue.

Les vitraux latéraux de la chapelle du Saint Sacrement

Réalisés par Jacques Le Chevallier qui a également exécuté des vitraux modernes dans l’église de Notre-Dame de Paris, ils sont remarquables à certaines heures de la journée par leurs reflets rouges et bleus.

Vitraux de la crypte

Derrière l’autel, se situent deux vitraux qui rappellent les hauts immeubles dont l’église est entourée. Ils ont été dess- inés par René, dit Claude Gagnard et exécutés par les ateliers Blanchet.

Vitraux de la chapelle de la Vierge

Le vitrail (dont les cartons ont été dessinés par Isabelle Rouault) semble à première vue non figuratif mais on peut y distinguer le profil d’une femme tenant un bébé.

 

Icônes

Dans l’église haute, 2 icônes témoignent du lien entre tradition et modernité.

L’icône de la Cène

Réalisée par Christian Decombe, elle reprend également les codes traditionnels des représentations non- réalistes. Cela est particulièrement visible dans les bâtiments, représentés en perspective inversée (c’est le spectateur qui est le point de fuite, l’icône nous regarde et non l’inverse). On remarque les treize convives, Jésus et les douze apôtres. Celui qui se penche est Judas, Jésus est sur la gauche, nimbé de son auréole.
Le poisson posé sur la table est depuis les premiers temps de l’Église un symbole chrétien : son nom grec ’’Ichtus’’ a été compris comme un acronyme désignant Jésus : Iesous CHristos Theou HUios Sôter, Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur.

L’icône de la Vierge à l’Enfant

Elle fut réalisée spécialement pour l’Immaculée Conception par Eva Vlavianos et installée en septembre 2013. Sur fond typiquement doré se détache la Vierge dite « hodigitria », qui montre le chemin ou la voie manifestés par Jésus. Elle est drapée dans un manteau bleu nuit ou pourpre très foncé qui lui couvre les cheveux, caractéristique des femmes mariées, tandis que trois étoiles dorées marquent son front et ses épaules. Elles peuvent symboliser soit sa triple virginité, soit son lien privilégié à la Trinité. Le Christ tient dans sa main gauche un rouleau de parchemin figurant l’Ancien Testament pour rappeler qu’il est Celui qui a été annoncé par les prophètes, tandis que sa main droite fait le geste de la bénédiction.